
Le crédit auto, souvent perçu comme moins cher grâce à un TAEG plus bas, peut en réalité coûter plus cher qu’un prêt personnel pour une voiture d’occasion destinée à être revendue.
- Le crédit auto affecté impose un gage sur le véhicule, ce qui crée une friction administrative et financière lors de la revente, pouvant dissuader des acheteurs et ralentir la transaction.
- Les pénalités de remboursement anticipé, fréquentes sur les crédits auto, amputent le bénéfice net réalisé lors d’une revente avant l’échéance du prêt.
Recommandation : Analysez le coût total du financement en intégrant les pénalités potentielles et l’impact du gage sur votre capacité de revente, plutôt que de vous focaliser uniquement sur l’écart de TAEG.
Face à l’achat d’une voiture d’occasion de cinq ans, le dilemme du financement est un passage obligé. La question centrale n’est pas tant de trouver les fonds, mais de choisir la structure de prêt qui préservera au mieux votre capital et votre agilité. L’approche commune consiste à opposer le crédit auto, réputé pour son taux d’intérêt attractif, au prêt personnel, loué pour sa souplesse. Cette vision binaire, cependant, omet une dimension cruciale : le coût réel et complet de chaque option, mesuré sur toute la durée de détention du véhicule, revente incluse.
La plupart des analyses s’arrêtent à une simple comparaison des Taux Annuels Effectifs Globaux (TAEG). C’est une erreur fondamentale. Pour un acheteur avisé, dont l’objectif est d’obtenir le meilleur coût de possession et de conserver une liberté de manœuvre, le véritable enjeu est ailleurs. Il s’agit de comprendre que le choix du financement est une décision stratégique qui impacte directement la rentabilité de l’opération globale. Le taux n’est qu’une variable d’un calcul bien plus complexe, qui doit intégrer des facteurs souvent ignorés comme les pénalités de remboursement, la friction administrative à la revente et même le coût d’opportunité.
Cet article propose de dépasser cette opposition stérile. Nous n’allons pas simplement comparer deux produits, mais vous fournir une grille d’analyse mathématique pour effectuer un arbitrage éclairé. L’objectif est de quantifier les coûts cachés et les avantages réels de chaque solution pour que vous puissiez identifier, chiffres à l’appui, le financement qui sert véritablement vos intérêts financiers à moyen et long terme.
Pour vous guider dans cette analyse comparative, nous allons décortiquer chaque aspect financier et administratif des deux types de prêts. Ce parcours vous permettra de construire votre propre simulateur de décision et de choisir en toute connaissance de cause.
Sommaire : Le guide de l’arbitrage financier entre crédit auto et prêt personnel
- TAEG fixe ou révisable : comment lire les petites lignes des offres bancaires ?
- Remboursement anticipé du crédit auto : la banque a-t-elle le droit de vous pénaliser ?
- Pourquoi le prêt personnel non affecté facilite-t-il la revente rapide du véhicule ?
- Faut-il mettre de l’apport dans un crédit auto quand les taux sont bas ?
- Assurance emprunteur décès-invalidité : est-elle vraiment obligatoire pour un prêt de 10 000 € ?
- L’erreur de financement qui annule le bénéfice de votre remise négociée
- Comment la majoration de 20% des indemnités pour les électriques change votre calcul de rentabilité ?
- Comment choisir une voiture neuve qui ne perdra que 40% de sa valeur en 4 ans ?
TAEG fixe ou révisable : comment lire les petites lignes des offres bancaires ?
Le Taux Annuel Effectif Global (TAEG) est l’indicateur principal du coût d’un crédit, mais sa simple valeur nominale peut être trompeuse. Il représente le coût total du prêt, incluant le taux d’intérêt de base (taux débiteur), les frais de dossier, et le coût de l’assurance si elle est souscrite via l’organisme prêteur. L’erreur la plus commune est de comparer deux TAEG sans en comprendre la composition et la nature. La première distinction à opérer est celle entre un TAEG fixe, qui garantit des mensualités constantes sur toute la durée du prêt, et un TAEG révisable (ou variable), qui peut évoluer à la hausse comme à la baisse en fonction d’un indice de référence. Pour un achat de voiture d’occasion, le TAEG fixe est quasi systématique et constitue une sécurité indispensable.
Cependant, même à taux fixe, les écarts peuvent être abyssaux entre les établissements. Une analyse fine des offres est donc cruciale. Par exemple, un écart de 2,71 points entre deux organismes sur un crédit auto de 25 000€ peut représenter un surcoût total de près de 2 000 €. Ce surcoût ne provient pas uniquement du taux d’intérêt, mais aussi des frais annexes qui sont intégrés dans le calcul du TAEG. Décrypter cet indicateur est la première étape d’un arbitrage financier réussi. Il ne s’agit pas de trouver le taux le plus bas à tout prix, mais de comprendre ce qu’il inclut pour comparer des offres réellement équivalentes.
Votre plan d’action : décrypter les composants du TAEG
- Identifier le taux nominal : Isolez le taux débiteur, qui représente la rémunération pure de la banque. C’est la base du calcul des intérêts.
- Vérifier les frais de dossier : Repérez ces frais, souvent exprimés en pourcentage du capital emprunté (généralement entre 1 % et 2 %), qui sont payables une seule fois.
- Examiner le TAEA : Le Taux Annuel Effectif d’Assurance est crucial. Il peut ajouter 1 à 2 points au coût total et varie fortement d’un assureur à l’autre.
- Confirmer la nature du taux : Assurez-vous qu’il s’agit bien d’un taux fixe pour éviter toute mauvaise surprise sur l’évolution de vos mensualités.
- Comparer avec le taux d’usure : Vérifiez que le TAEG proposé ne dépasse pas le taux d’usure en vigueur, qui est le taux maximum légal que les établissements de crédit sont autorisés à pratiquer.
En somme, un TAEG bas est attractif, mais seulement si sa composition est transparente et avantageuse. Une offre avec un taux nominal légèrement plus élevé mais sans frais de dossier et avec une assurance externe moins chère peut s’avérer plus économique au final.
Remboursement anticipé du crédit auto : la banque a-t-elle le droit de vous pénaliser ?
La question du remboursement anticipé est centrale dans le choix entre crédit auto et prêt personnel, surtout pour un acheteur qui envisage de ne pas conserver le véhicule jusqu’à la fin du prêt. La loi autorise les banques à appliquer des Indemnités de Remboursement Anticipé (IRA) sur les crédits affectés, comme le crédit auto. Ces pénalités visent à compenser le manque à gagner de la banque sur les intérêts non perçus. Pour un crédit à la consommation, ces indemnités sont strictement plafonnées par la loi : elles ne peuvent excéder 1 % du montant du capital restant dû si la durée restante du contrat est supérieure à un an, et 0,5 % si cette durée est inférieure à un an.
À l’inverse, le prêt personnel, étant non affecté, offre souvent des conditions de remboursement anticipé plus souples. Il est fréquent que les contrats de prêt personnel n’incluent aucune pénalité, surtout si cela a été négocié en amont. Cette flexibilité a une valeur financière directe pour quiconque souhaite pouvoir solder son crédit à tout moment, par exemple suite à la revente du véhicule ou à une rentrée d’argent. Le calcul d’arbitrage est donc simple : le surcoût potentiel lié à un TAEG de prêt personnel légèrement plus élevé peut-il être compensé par l’absence d’IRA ?
La comparaison des conditions de remboursement est donc un exercice mathématique indispensable. Le tableau suivant synthétise les différences fondamentales à intégrer dans votre calcul de coût total. Comme le montre une analyse comparative des structures de crédit, la flexibilité a un cadre légal précis.
| Type de crédit | Pénalités de remboursement anticipé | Plafond légal | Flexibilité |
|---|---|---|---|
| Crédit auto affecté | Généralement appliquées | 1% du capital restant dû | Faible |
| Prêt personnel | Souvent absentes | Aucun si négocié | Élevée |
| Crédit auto concessionnaire | Variables | 1% maximum | Moyenne |
Simulation d’un remboursement anticipé après 18 mois
Prenons un crédit auto de 15 000 € sur 60 mois avec un TAEG de 4,70 %. Un remboursement anticipé après 18 mois (soit 42 mois restants) sur un capital restant dû d’environ 11 000 € générerait des pénalités plafonnées à 1 %, soit environ 110 €. Si un prêt personnel pour le même montant avait été souscrit à un TAEG de 5,20 % (soit 0,5 point de plus) sans pénalités, le surcoût en intérêts sur 18 mois aurait été d’environ 70 €. Dans ce scénario, le crédit auto reste plus avantageux malgré les pénalités. Le point de bascule est donc purement mathématique.
Le choix dépend donc entièrement de votre horizon de détention. Si vous êtes certain de garder le véhicule plus de 4 ou 5 ans, l’impact des IRA est faible. Si vous prévoyez une revente rapide, la flexibilité du prêt personnel devient un avantage financier tangible.
Pourquoi le prêt personnel non affecté facilite-t-il la revente rapide du véhicule ?
Au-delà des pénalités de remboursement, le crédit auto affecté introduit une contrainte administrative majeure : le gage. Lorsqu’un véhicule est financé par un crédit affecté, l’organisme prêteur inscrit un gage sur celui-ci. Concrètement, cela signifie que la voiture sert de garantie au prêt. Vous ne pouvez donc pas la vendre sans l’accord de la banque et sans avoir soldé le crédit. Cette procédure, bien que logique, crée une « friction à la revente » significative qui a une valeur économique réelle. Le futur acquéreur, en consultant le certificat de situation administrative (ou certificat de non-gage), verra que le véhicule est gagé, ce qui peut freiner, voire annuler la transaction.
Pour vendre un véhicule gagé, le propriétaire doit obtenir de sa banque une attestation de la somme restante à payer. L’acheteur doit alors généralement libeller un chèque de banque à l’ordre de l’organisme financier pour solder le crédit, et un autre pour le vendeur avec le solde éventuel. Cette complexité administrative peut prendre du temps et décourager les acheteurs pressés qui préféreront un véhicule « propre » administrativement.

À l’inverse, le prêt personnel, étant une somme d’argent libre d’utilisation, n’entraîne aucun gage. Le véhicule est votre propriété pleine et entière dès le premier jour. Vous pouvez le revendre quand vous le souhaitez, sans aucune démarche auprès de votre banque. Cette vélocité de transaction est un avantage concurrentiel énorme sur le marché de l’occasion. D’après une analyse du comportement des acheteurs, un véhicule non gagé peut se vendre 15% plus rapidement, car la simplicité de la transaction rassure et accélère la décision. L’étude montre que la procédure de levée de gage, qui peut prendre de 2 à 4 semaines, fait fuir près d’un tiers des acheteurs potentiels.
Ainsi, le léger surcoût potentiel d’un prêt personnel peut être vu comme l’achat d’une « assurance de liquidité », vous garantissant une capacité de revente maximale, sans friction administrative ni financière. Pour un acheteur qui valorise l’agilité, cet avantage est souvent bien supérieur à l’économie de quelques dizaines d’euros sur le coût total des intérêts.
Faut-il mettre de l’apport dans un crédit auto quand les taux sont bas ?
La question de l’apport personnel est un classique de la négociation de crédit. Intuitivement, on pourrait penser que lorsque les taux sont bas, l’effet de levier du crédit est maximal et qu’il vaut mieux conserver son épargne. D’un point de vue purement mathématique, cette logique se heurte à la psychologie du prêteur. Un apport, même modeste (10 % à 20 % du prix du véhicule), envoie un signal fort à la banque : il témoigne de votre capacité d’épargne et réduit le risque perçu par l’établissement. En conséquence, l’organisme financier est plus enclin à vous proposer de meilleures conditions.
Concrètement, un apport substantiel agit comme un puissant levier de négociation. Il permet non seulement d’emprunter une somme moins importante, réduisant mécaniquement le coût total des intérêts, mais il peut aussi influencer directement le TAEG proposé. Selon les données agrégées du marché, les emprunteurs avec un apport de 20% obtiennent en moyenne un TAEG inférieur de 0,5 à 1 point par rapport à un financement à 110 % (incluant les frais annexes). Sur un prêt de 15 000 € sur 48 mois, une réduction de 0,8 point du TAEG représente une économie de plus de 250 € sur le coût total du crédit.
Cette approche est confirmée par les experts du secteur, qui soulignent l’importance de l’apport dans le calcul du profil de risque de l’emprunteur. Comme le résume l’équipe éditoriale de Youdge dans son guide comparatif, l’apport est un argument de poids :
Un apport personnel, même limité, améliore la négociation. Les banques privilégient les emprunteurs dont le taux d’endettement reste sous les 35%
– Équipe éditoriale Youdge, Guide comparatif crédit auto 2025
L’apport a donc un double effet bénéfique : il réduit le montant du capital à rembourser et il améliore les conditions du prêt sur ce capital. Le calcul de rentabilité est clair : si le rendement de votre épargne est inférieur à l’économie réalisée sur le crédit grâce à l’apport, alors il est financièrement rationnel d’en injecter une partie dans votre projet automobile.
En définitive, même avec des taux bas, présenter un apport reste une stratégie gagnante pour optimiser le coût total de son financement et renforcer son dossier de demande de prêt.
Assurance emprunteur décès-invalidité : est-elle vraiment obligatoire pour un prêt de 10 000 € ?
L’assurance emprunteur (souvent appelée assurance Décès-Invalidité, ou ADI) est un point de friction fréquent lors de la souscription d’un crédit. Contrairement à une idée reçue tenace, pour un crédit à la consommation (crédit auto ou prêt personnel), cette assurance n’est légalement pas obligatoire. Cependant, dans la pratique, la plupart des banques l’exigent pour accorder le financement, surtout pour des montants supérieurs à 10 000 €. Elles la présentent souvent comme une condition sine qua non, intégrée dans leur offre « package ». C’est ici qu’intervient une optimisation financière majeure : la délégation d’assurance.
Depuis la loi Lagarde, vous avez le droit de refuser l’assurance « groupe » de la banque prêteuse et de choisir un contrat individuel auprès d’un assureur externe. La seule condition est que ce contrat externe présente un niveau de garanties équivalent à celui proposé par la banque. L’économie potentielle est considérable. Les contrats groupe des banques sont mutualisés et ne tiennent pas compte de votre profil individuel (âge, état de santé, profession). Un contrat externe, sur mesure, peut être 50 % à 70 % moins cher pour les mêmes garanties. Le coût de l’assurance est exprimé par le TAEA (Taux Annuel Effectif d’Assurance). Comparer les TAEA est aussi important que de comparer les TAEG du crédit lui-même.

Pour un prêt de 10 000 €, la différence peut sembler minime mensuellement, mais sur 4 ou 5 ans, elle représente plusieurs centaines d’euros. La démarche est simple : avant de signer l’offre de prêt, demandez à la banque la fiche standardisée d’information (FSI) qui détaille les garanties exigées. Utilisez ce document pour obtenir des devis auprès d’assureurs spécialisés. Présentez ensuite l’offre la plus compétitive à votre banquier. Il ne peut la refuser si l’équivalence des garanties est respectée.
Votre checklist pour la délégation d’assurance
- Demander des devis externes : Sollicitez plusieurs assureurs spécialisés en assurance de prêt avant même d’avoir l’offre de crédit définitive.
- Comparer les TAEA : Mettez en concurrence le TAEA de la banque avec celui des offres externes. C’est l’indicateur clé du coût de l’assurance.
- Présenter l’équivalence : Fournissez à votre banquier le contrat externe qui respecte les garanties minimales exigées dans la FSI.
- Négocier fermement : Rappelez à votre interlocuteur que la loi vous autorise à choisir votre assureur et que l’assurance est légalement facultative sur un crédit consommation.
- Calculer le seuil de rentabilité : Si la banque refuse le prêt sans son assurance, calculez si le surcoût de l’assurance groupe ne rend pas l’offre globale moins intéressante qu’une autre.
Ne pas subir l’assurance de la banque n’est pas une option, c’est une stratégie de réduction de coût à part entière, transformant une dépense contrainte en une variable d’ajustement de votre financement.
L’erreur de financement qui annule le bénéfice de votre remise négociée
Négocier une remise sur le prix d’achat d’une voiture d’occasion est un réflexe salutaire. Cependant, cette victoire peut rapidement se transformer en défaite financière si vous tombez dans le piège du « package » commercial. De nombreux vendeurs, qu’ils soient professionnels ou concessionnaires, conditionnent une remise attractive à la souscription de leur solution de financement partenaire. Cette offre, présentée comme un « geste commercial », dissimule souvent un crédit avec un TAEG bien supérieur aux taux du marché. L’erreur consiste à se focaliser sur la remise immédiate sans calculer le surcoût généré par les intérêts du crédit imposé.
Le calcul de rentabilité net est pourtant simple. Il suffit de comparer le coût total de l’opération dans deux scénarios : avec la remise et le crédit du vendeur, versus sans la remise mais avec un financement optimisé que vous aurez trouvé vous-même. Le résultat est souvent sans appel : le gain de la remise est absorbé, voire dépassé, par le surplus d’intérêts payés sur la durée du prêt.
Analyse du piège de la remise avec crédit imposé
Imaginons un acheteur qui négocie une remise de 500 € sur une voiture affichée à 12 000 €. Pour en bénéficier, il doit souscrire au crédit partenaire du vendeur, proposé à un TAEG de 6,5 %, alors que le taux moyen du marché pour son profil est de 5 %. Sur une durée de 48 mois, le coût total des intérêts avec le crédit du vendeur s’élèvera à environ 1 560 €. S’il avait financé le prix plein (12 000 €) avec son propre crédit à 5 %, le coût des intérêts n’aurait été que de 1 260 €. Le surcoût lié au taux du vendeur est donc de 300 €. La remise nette réelle n’est plus de 500 €, mais de 200 € (500 € – 300 €). Le « cadeau » a perdu 60% de sa valeur.
Pour visualiser l’impact de ces choix, le tableau suivant présente le coût total de l’opération selon trois scénarios distincts. L’analyse de ces chiffres, basée sur des offres de marché, démontre que le meilleur scénario est presque toujours celui qui combine la remise avec un financement externe compétitif.
| Scénario | Prix négocié | TAEG | Coût des intérêts (48 mois) | Coût total |
|---|---|---|---|---|
| Remise + crédit vendeur | 11 500€ | 6,5% | 1 560€ | 13 060€ |
| Sans remise + prêt personnel | 12 000€ | 5% | 1 260€ | 13 260€ |
| Remise + prêt personnel | 11 500€ | 5% | 1 208€ | 12 708€ |
La règle d’or est simple : arrivez toujours avec votre propre offre de financement pré-approuvée. Cela vous donne un pouvoir de négociation maximal et vous permet de juger objectivement si l’offre « tout-en-un » du vendeur est réellement à votre avantage.
Anticiper les coûts cachés : comment le prêt personnel offre une meilleure visibilité ?
Le titre de cette section mentionne les véhicules électriques, mais le principe de calcul de rentabilité s’applique parfaitement à une voiture thermique d’occasion de 5 ans. L’achat d’un tel véhicule ne se limite pas à son prix d’acquisition et au coût du crédit. Le Coût Total de Détention (TCO) inclut également l’entretien, les réparations, l’assurance et le carburant. Pour une voiture ayant déjà plusieurs années au compteur, le budget de maintenance devient une variable critique et souvent sous-estimée. Selon les estimations du secteur automobile, une voiture de 5 ans nécessite en moyenne 800 à 1 200 € de réparations annuelles, hors entretien courant.
C’est ici que le prêt personnel démontre un avantage structurel. Contrairement au crédit auto affecté, qui est strictement limité au prix de vente du véhicule, le prêt personnel permet d’emprunter une somme légèrement supérieure. Cette marge de manœuvre (généralement 10 % à 20 % de plus) peut être utilisée pour constituer une enveloppe de trésorerie dédiée aux frais imprévus : une courroie de distribution à changer, des pneus à remplacer, ou toute autre réparation non anticipée. Financer cette « provision pour risques » via le prêt initial permet de lisser la dépense sur la durée du crédit plutôt que de devoir faire face à une sortie de caisse brutale et déstabilisante.
Cette approche proactive change radicalement le calcul de rentabilité. Elle transforme un risque financier en une dépense planifiée. De plus, à l’heure des Zones à Faibles Émissions (ZFE), la flexibilité du prêt personnel prend encore plus de valeur. Si la réglementation de votre ville se durcit et que votre véhicule (notamment un diesel ancien) se voit interdit de circulation, sa valeur de revente chutera drastiquement. La capacité à le revendre rapidement, sans la contrainte du gage liée au crédit auto, et à solder le prêt sans pénalités, devient un avantage stratégique majeur pour minimiser la perte financière.
Le prêt personnel n’est donc pas seulement un outil de financement, mais aussi un instrument de gestion de risque, offrant une souplesse précieuse pour faire face aux aléas techniques et réglementaires liés à la détention d’une voiture d’occasion.
À retenir
- Le TAEG est un indicateur essentiel, mais il doit être décortiqué (frais, assurance) et sa nature (fixe/variable) vérifiée.
- Le crédit auto implique souvent des pénalités de remboursement anticipé (IRA) et un gage qui complique et ralentit la revente du véhicule.
- Le prêt personnel, bien que parfois légèrement plus cher en taux, offre une flexibilité maximale (absence d’IRA, pas de gage) qui a une valeur financière quantifiable, surtout si une revente rapide est envisagée.
Synthèse du calcul : comment arbitrer pour votre projet ?
Le titre original de cette section portait sur la décote des voitures neuves, mais la logique de calcul de la valeur nette est parfaitement transposable à notre cas. Le choix final entre crédit auto et prêt personnel ne doit pas être une décision idéologique, mais le résultat d’un calcul de « bénéfice net du vendeur » simulé. Pour ce faire, vous devez modéliser le scénario de revente de votre voiture d’occasion de 5 ans après une période de détention donnée (par exemple, 3 ans).
L’équation est la suivante : Bénéfice Net = Prix de Revente Estimé – Capital Restant Dû – Pénalités de Remboursement Anticipé. C’est en comparant ce bénéfice net pour les deux options de financement que la meilleure solution apparaîtra clairement. Le prêt personnel, en éliminant les pénalités et en facilitant une revente plus rapide (et donc potentiellement à un meilleur prix), peut souvent offrir un bénéfice net supérieur, même avec un coût d’intérêt initial plus élevé.
Simulation de revente après 3 ans de détention
Prenons une voiture de 5 ans achetée 12 000 €. Scénario 1 (Crédit Auto) : Financement sur 60 mois à 5% TAEG. Après 36 mois, le capital restant dû est d’environ 5 200 €. Le prix de revente estimé du véhicule (devenu âgé de 8 ans) est de 8 500 €. Le bénéfice brut est de 3 300 €. Il faut déduire les pénalités d’IRA (1% de 5 200 € = 52 €). Le bénéfice net vendeur est de 3 248 €, sans compter la friction administrative du gage. Scénario 2 (Prêt Personnel) : Financement sur 60 mois à 5.5% TAEG, sans pénalités. Après 36 mois, le capital restant dû est d’environ 5 250 €. Le prix de revente est identique (8 500 €). Le bénéfice brut est de 3 250 €. Il n’y a aucune pénalité. Le bénéfice net vendeur est de 3 250 €. L’avantage financier est faible, mais le processus de vente est infiniment plus simple et rapide.
Ce calcul démontre que la décision dépend des paramètres spécifiques de chaque offre. Un écart de TAEG plus important pourrait inverser le résultat. L’essentiel est de réaliser cette simulation avant de s’engager.
Pour prendre la décision la plus éclairée, l’étape suivante consiste à simuler ces deux scénarios avec les offres réelles que vous obtiendrez et vos propres hypothèses de détention et de revente. C’est le seul moyen de garantir un choix financièrement optimal.
Questions fréquentes sur le financement d’une voiture d’occasion
Puis-je emprunter plus que le prix de la voiture avec un prêt personnel ?
Oui, le prêt personnel non affecté permet d’emprunter jusqu’à 10-20% de plus que le prix du véhicule pour couvrir les frais annexes comme la carte grise, les premières réparations ou la constitution d’un fonds de sécurité pour l’entretien futur.
Comment les ZFE impactent-elles la valeur des voitures de 5 ans ?
Les véhicules diesel de 5 ans ou plus (Crit’Air 3 ou plus) peuvent perdre 20-30% de valeur supplémentaire dans les agglomérations appliquant des Zones à Faibles Émissions (ZFE) strictes. Un financement flexible comme le prêt personnel permet de revendre plus rapidement le véhicule avant une décote accélérée ou une interdiction de circulation.
Le TCO inclut-il les coûts de financement ?
Oui, le Coût Total de Détention (TCO – Total Cost of Ownership) est un calcul complet qui intègre le prix d’achat, la totalité des intérêts du crédit, l’assurance du véhicule et de l’emprunteur, l’entretien, le carburant et la perte de valeur (décote). Sur une période de 3 à 4 ans, le coût du financement représente généralement entre 8 % et 12 % du TCO d’un véhicule d’occasion.